Aux fenêtres immenses

c’est
comme dans la verte vallée de mon rêve
où des monstres paissent
et des barrages cèdent
c’est comme un rêve que je fais
où je vois des serpents de mer
se changer en vers
et fouiller la terre

this is to be sung at a very fast pace
do I realize some things I can’t do
and I am in a tree, looking at the line
that separates the sky from the land
I am in a car, crossing a country

this is to be said in a very low voice
but do I understand what it takes to be real quiet

and I am underground and the light has gone off
looking below and above
well, it’s quite the same

Et pendant ce temps là
De vagues souvenirs de cette terre
et des traces qu’on y laisse
ce temps
ces déviations
ces extractions
ces sauts
ces glissements
ces pauses

Et pendant ce temps là
des déplacements
des bonds en avant

Et pendant ce temps …

Il y a …
la certitude, d’une plaisanterie, du rire.
Il y a des jours, l’emprunte du fer, le travail, la légèreté, la fainéantise, l’orgueil, la peur

Et une rue, petite, entre deux, le tour que j’en fais, la panique.
Saisi, vite, souvent, trébuche.
Vite, tu comprends.
La stupeur, le silence.
Je veux dire l’émoi, l’arrêt net et le tranchant.
le passage, presque, de là à là à là à là, la la la la la

“Nous avançons dans un sentier glissant et dur. J’ai les jambes constamment dans les ronces, elles me grattent d’une façon insupportable. Le sentier passe à travers des buissons et des touffes de hautes orties, mêlées dans des toiles d’araignées avec les feuilles roses des merisiers qui viennent s’y coller quand elles tombent” (A. tarkovsky – Le miroir – scénario littéraire)

Les visages et les frustrations et les comparaisons.
Les défilés et les étroites liaisons
et j’arrachai les feuilles des arbres à mesure qu’il se faisait plus sombre,
je ne voyais rien, je voulais.

“Du côté où tombe la lumière, ce mélange d’air, de fumée et de poussière paraîtra plus clair que du côté opposé. Et plus profond seront les combattants dans ces ténèbres, moins ils seront visibles et moindre sera la différence entre leurs couleurs et leurs ombres.” (Leonard De Vinci – carnets)

This is to be passed from me to as many as my voice can reach
but I am on a slope that I can sense is steep
but only sense not see
for if there is light now not yet have I opened my eyes

It is far too scary to look at the hill’s top
as I am crouching and crawling
I’m thinking of flatlands and I can hear gunshots

I can hear gunshots

“Tu verras certains vainqueurs laissant le champs de bataille et sortant de la mêlée en s’essuyant des deux mains les yeux et les joues couvertes de la saleté qui s’est formée des larmes mélangées de poussière qui coulent de leurs yeux.” (Leonard De Vinci – carnets)

it’s nothing like virtuality
only it’s dots and curves
the green and blue patches
the huge windows
giving on concrete spaces

Lui : “Non mais ces racines qu’il y a ici … les buissons, l’herbe …, Ca ne vous est jamais passé par la tête que les plantes aussi, elles peuvent sentir, avoir une conscience ? Peut être même comprendre ! … Les arbres, ce noisetier, là”
Elle : “C’est un aulne …”
Lui : “Quelle importance ! Un aulne, un noisetier … Vous voyez – il bouge, il tangue ! … C’est nous, tous, qui courons, qui nous agitons, qui disons des platitudes ! C’est parce que nous ne croyons pas en la nature ! C’est une espèce de méfiance, de trop grande hâte, je ne sais pas ! Le manque de temps pour réfléchir !” (A. tarkovsky – Le miroir – scénario littéraire)

je pensai à cette terre
à cette eau, à ces tâches
vertes et bleues
aux fenêtres immenses
aux fenêtres, au silence

Ce morceau fait partie de Des larmes mélangées de poussière EP – disponible en édition Vinyle blanc et digital –